La Ministre du Patrimoine, Valérie Lescrenier, annonce le lancement, par l’Agence wallonne du Patrimoine (AWaP), de la procédure de classement sollicitée par la Ville de Marche-en-Famenne pour l’ensemble ecclésial Saint‑Georges. Cette procédure ouvre une phase d’instruction destinée à examiner le dossier de manière complète, sans préjuger de la décision finale.
Dans ce cadre, la Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles (CRMSF) sera également consultée. Réunie pour son Assemblée générale bisannuelle ce mercredi 21 janvier à Marloie, la CRMS profitera assurément de cette séance pour effectuer une visite de l’ensemble ecclésial Saint‑Georges.
Une procédure officielle engagée pour un bien patrimonial majeur
La demande de classement porte sur l’église et la tour‑clocher, ainsi que sur plusieurs éléments artistiques et mobiliers : mosaïque de façade, grande vasque du jardin avant, vitraux, bancs de communion, statuaire en fer battu, tabernacles ou encore fonts baptismaux. Une zone de protection devra également tenir compte des parcelles situées dans les cônes de vue vers l’édifice.
Ce lancement de la procédure de classement marque l’ouverture d’une phase d’instruction qui fera l’objet d’analyses, d’avis et d’une enquête publique organisée par la Ville et dont les habitants seront informés. Durant la phase d’instruction, une protection provisoire s’appliquera déjà sans modifier l’usage quotidien du site. La décision de l’AWaP interviendra dans le courant de l’année 2026.
Un ensemble emblématique de l’architecture religieuse moderniste
L’église Saint‑Georges s’inscrit dans l’histoire du village, profondément marqué par l’explosion d’un train de munitions en mai 1944. Reconstruit entre 1954 et 1956 par Victor Sarlet et Raymond Lamarche, l’ensemble constitue un exemple majeur de l’architecture religieuse moderniste en Wallonie.
Il rassemble architecture, aménagements extérieurs et programme artistique intégré, répondant ainsi aux critères du Code wallon du Patrimoine sur les plans historique, architectural, artistique, social et urbanistique. En cas de classement, la protection patrimoniale du bien se verra renforcée ce qui ouvrira également la possibilité pour la Ville, propriétaire des lieux, d’introduire des demandes de subventions régionales pour l’entretien et la restauration du bien.
Une démarche cohérente avec la politique patrimoniale wallonne
Cette procédure s’inscrit dans la dynamique de recensement du patrimoine du XXᵉ siècle, engagée conjointement par la Wallonie, la Fédération Wallonie‑Bruxelles et la Région de Bruxelles‑Capitale. L’église Saint‑Georges a été identifiée comme dossier prioritaire dans ce travail commun.
Valérie Lescrenier, Ministre du Patrimoine : « L’ouverture de cette procédure permet d’examiner avec rigueur un ensemble emblématique de l’histoire récente. L’objectif est clair : préserver un patrimoine auquel les habitants sont attachés, tout en permettant au bâtiment de continuer à accueillir des activités locales et une vie communautaire dynamique. L’architecture contemporaine mérite, elle aussi d’être protégée car il s’agit d’un patrimoine souvent jugé trop récent, mais qui mérite pleinement sa place au sein du patrimoine wallon.»